Paroles, paroles, paroles
Décidemment la question du retour d’une émission littéraire à la télé agite les esprits en ce moment. Mais remarque c’est la bonne période, c’est bientôt les vacances d’été, il faut commencer à plancher sur ce qui va remplir les grilles de la rentrée, non? Bien entendu, celui qui vient immanquablement donner son avis sur la question c’est notre cher ami Frédéric, jamais à court d’idées et de bonnes intentions. Je lisais donc sa chronique pour Lire sus-citée ici, et j’étais consternée par les platitudes, les yakafokon, et le ton pour le moins pleurnichard du tout. Franchement, détailler point par point ses arguments me fatigue à l’avance parce qu’ils sont bien trop facilement démontables et surtout complètement dépassés. Mais comme on aurait to^t fait de dire que je cède à la facilité, je vais m’y atteler bravement.
Première chose, c’est nul, on ne laisse plus les auteurs s’exprimer assez longuement sur leurs écrits, on ne leur pose pas les bonnes questions. Oui, c’est sans doute vrai pour la télévision, mais Fred a-t’il été faire un tour sur le net? Parce qu’à ce niveau-là, il existe un très bon, un excellent site même qui remplit ce rôle, AuteursTV. L’intervieweur s’efface devant l’auteur, va jusqu’à gommer ses questions au montage pour lui laisser la parole, donnant corps à des entretiens riches, précis et tout sauf ennuyeux.
Deuxième chose, c’est tout de même un scandale que l’exercice du long entretien en tête-à-tête avec un présentateur qui connait son sujet n’existe plus. Je toussote, mais elle existe, si si [Non, je ne parle pas de Vol de nuit, faut pas déconner] C’est juste qu’elle passe très tard puisque comme son nom l’indique, elle s’appelle Des mots de minuit. Et en plus, elle donne de la place à toute la frange culturelle. Parce qu’après tout, il y a pas que la littérature qui est “menacée” à ce niveau à la télévision, vous trouvez qu’il en existe vraiment des émissions où les artistes, qu’ils soient plasticiens, musiciens, réalisateurs ou photographes peuvent vraiment s’exprimer pleinement sur leur travail? Parce qu’à ce stade, c’est un tout qu’il faudrait carrément revoir de fond en comble.
Troisième chose, pourquoi ne se bat-on pas pour qu’il existe une grande émission littéraire en prime-time? Ah nous arrivons au coeur du débat. Parce que voilà, il se trouve qu’Arte s’y colle pour la rentrée avec Eric Naulleau. Je vous l’accorde, apparemment ils souhaitent essentiellement se tourner vers la littérature étrangère et on ne sait pas encore si ça sera en première partie de soirée ou pas. Mais le concept a le mérite d’être franchement attirant. Et on peut penser ce qu’on veut d’Eric Naulleau mais pour ma part, je pense que quand on publie quelqu’un comme Pierre Jourde, on ne peut pas être entièrement mauvais.
Bref voilà, Fred ce qu’il veut c’est le retour de la grande émission littéraire en prime, qui reçoit des auteurs et les interviewe avec pertinence et sans complaisance, mais avec bienveillance malgré tout, je suppose qu’il en va de même pour les éventuels chroniqueurs et critiques qui seraient sur le plateau toussa toussa. Parfait, formidable. Mais au fait, il aurait pas animé ce type même d’émission disons au hasard sur Canal + et ce depuis plusieurs mois? Ah oui, il n’y avait pas d’auteurs, il y avait des critiques. Mais tout de même, c’était plutôt pas mal, voire bon, alors pourquoi ne pas aller présenter une émission petite soeur du Cercle au service public? Pourtant, il ne manque pas de contacts dans ce milieu Fred, faut pas charrier. La paille, la poutre jedisçajedisrien.
Je ne savais pas comment conclure ce post, alors je signalerai juste que j’ai chroniqué le petit roman La mort de l’Amour de Thomas Suinot pour Discordance et que c’est en ligne. En vous remerciant. :D

